Au fil des miles, au port de Reykjavik

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Mardi matin :

Point avec le routeur météo : pas bon ;-(

Grosse dégradation au Cap Farewell, avec du vent qui éparpille les glaçons, obligé de faire un détour d’où problème d’autonomie potentiel .. Je referai le point ce soir, mais ca sent le roussi …

J’appelle la société qui livre l’essence à quai pour faire le plein : au moins je ne vais pas galérer ! Après environ 1h30 d’attente, pendant laquelle j’en ai profité pour visiter le Harpa – superbe, un gros camion conduit par une ukrainienne arrive. L’angoisse se lit sur son visage : est-ce que le pistolet maousse costaud qu’elle me présente va rentrer dans mon nable de réservoir ?? Oui, de justesse ! Ouf. Par contre attention, ce n’est pas un pistolet automatique qui s’arrête quand c’est plein : ça déborde ! J’y vais molo car je sens que si j’appuie à fond ça doit débiter 10 litres à la seconde ! Après un bon quart d’heure, les 2 réservoirs sont archi pleins : 1009 litres à 1,50€ .. je vous laisse faire le calcul : sympas non !!

Puis Philippe, mon guide local, se met à ma disposition pour aller faire quelques courses indispensables avant cette nouvelle et complexe étape : sympa non !!

Le soir je refais un point météo : toujours pas bon. Le problème est que je pourrai bien partir de Reykjavik car les conditions sont correctes, mais ce n’est pas le cas 48h plus tard à l’arrivée à Qaqortoq … Je décide de ne pas partir mercredi matin comme initialement prévu. Je ferai le point pour savoir si il y a une autre fenêtre favorable dans les jours proches …

J’en profite pour inviter Rakel et Philippe à manger un « Fish & Chips » … c’est la moindre des choses : sympa non !!

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Mercredi matin :

Dernier point météo. Pas de fenêtre favorable dans les jours proches. Au mieux, je pourrai éventuellement partir dimanche … mais avec des incertitudes quand même car on est à + d’une semaine de prévision !

Je décide donc de temporiser. Je vais garer le bateau correctement dans la marina après avoir vu le chef. Je vais acheter une prise de quai, une rallonge et un chargeur pour laisser les batteries en charge (surtout à cause de la pompe de cale) : 20 mn à pied pour aller chez Byko (le Casto local). Je demande un chargeur au vendeur. Il me propose un poste à souder. Je lui demande une prise de quai (bleue). Il me propose une multi-prise. Sympa non !! Je m’adresse à un autre vendeur : je récupère tout ce que je voulais. Sympa non !!

Retour au bateau, amarrage double, rangement et branchement : tout est nickel.

La douane m’a laissé un petit mot sur le bateau : je dois les appeler. Je m’exécute. 10 minutes plus tard, 2 beaux douaniers Islandais arrivent et rigolent bien en voyant le bateau … car petit ou gros c’est la même procédure d’arrivée : résultat on a rempli 7 formulaires ! Liste des marchandises/animaux à bord, liste des passagers, origine, destination, dimension et tonnage, tonnes de fuel à bord … sympa non !!

La journée est passée vite ! J’achète mon billet WOW (c’est le nom de la compagnie low cost Islandaise) pour le lendemain matin : 105€ le billet pour Paris, sympa non !! J’ai pour plus cher de billet de train pour aller à Bordeaux … va comprendre …

Re-dîner chez Rakel et Philippe : super sympa non !!

Et en plus ils me prêtent un studio en plein centre à pied pour passer ma dernière et courte nuit, car lever à 3h00 pour choper le vol de 6h00 pour Paris : re-super sympa non !!

Là je suis dans l’avion en train d’écrire ces lignes. Mais je vais m’assoupir bientôt car la nuit a été (très) courte.

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Pays superbe, accueil superbe, paysages superbes, bouffe superbe, Islandaises superbes : n’hésitez pas à visiter l’Islande, vous ne serez pas déçus !!!

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Au fil des miles, Torshavn – > Reykjavik

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Torshavn – Reykjavik

Après plusieurs contacts avec mon routeur, je décide de partir de Tórshavn dimanche soir, car les conditions vont s’améliorer pour mon arrivée en Islande. Youpii

Sur ce, je décide de me faire un bon gueulet.. un bon repas avant de décoller. Sauf que dimanche soir à Tórshavn .. ben c’est mort ! J’avais repéré un resto genre Steak House près de l’embarcadère des ferries. Je décide d’y aller. Chouette, il est ouvert. A l’intérieur, 40 places assises, 3 clients en train de manger. Sauf que la gentille demoiselle me dit que tout est réservé … bizarre. Je me rabats sur le dernier endroit ouvert, un fast food hamburger à côté. Je commande. J’attends. Je suis servi. Pas mauvais ! Heureusement. Par acquis de conscience je retourne (environ 3/4h plus tard) au resto où je m’étais fait jeté : toujours que 3 clients … J’ai vraiment l’impression que c’est à la gueule du client dans ce pays de me… Franchement je ne m’attendais pas à un tel accueil suspicieux voire désagréable.

Je retourne au bateau. Je m’équipe sérieux, surtout que je pars juste avant la nuit = combinaison de survie pour la première fois. Au départ .. on a beaucoup trop chaud ! Ca fait un peu sauna là-dedans ! Mais à la longue, cela s’avérera très utile et confortable (chaud).

Je lève l’ancre. Enfin je défais mes amarres. Tout le monde me regarde toujours de manière suspecte .. content de partir de cet endroit.

La sortie des iles est compliquée : il y a beaucoup de courants dans tous les sens, un peu comme au raz de Sein : on est bousculé ! et les vagues sont encore dans tous les sens aussi. Difficile de tenir une bonne vitesse ..

Environ 2 heures après le départ, je récupère les conditions prévues, c’est-à-dire une houle de ¾ arrière, pas trop grosse. C’est plus confortable ! D’autant que les fonds augmentent .. jusqu’à 1600m ! Ce qui fait que la nav est à peu près tranquille. Même pas de bateaux de pêche !

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Dans la matinée, je croise un navire, très gros, gris, sans AIS : en fait c’est un gros bateau militaire. On se croise pas très loin. La vue de profil ne fait aucun doute ! Et en plus il laisse une trace radar très faible : ils sont forts !

Environ 1 h avant de passer devant les Iles Westmann, les gardes cotes Islandais m’appellent à la radio : ils veulent savoir d’où je viens, ou je vais, et mon N° de passeport. Je m’exécute !

Au départ je voulais faire un détour par les iles Westmann juste pour filmer l’entrée, entre 2 falaises, comme dans les films … mais je n’ai pas le courage. Je n’ai qu’une envie : arriver.

D’ailleurs, juste après les iles, la mer devient plate .. comme jamais je ne l’ai eue jusqu’à présent : gazzzzzzz ! Il reste 3h30 jusqu’à Reykjavik : j’ai du faire plus de 2 heures à 27 nds, avec des pointes à 30 nds !

Lundi soir :

Arrivée au port : je vais au fond à droite : que des bateaux de pêche, ca ne doit pas être là. En fait la marina est à l’entrée à gauche je ne l’avais pas vue. Il faut dire qu’il doit y avoir moins de 20 voiliers : c’est petit comme marina !

J’avance vers le quai et j’entends : « vas-y c’est bon là » . Pas mal comme accueil ! En fait, Philippe (c’est son prénom), lui-même navigateur à voile partout dans le monde, avait découvert le projet sur internet, s’était connecté sur le site, avait vu le parcours en temps réel et savait forcément que j’arrivais bientôt, donc il est venu m’accueillir : sympa non !!

A peine arrivé et débarqué (j’en ai oublié les clefs sur le bateau toute la nuit) Philippe et sa compagne Islandaise Rakel et leurs 2 chiens me proposent de m’héberger : sympa non !!

En fait, comme il y a un hôtel juste devant la marina et que j’ai tout un bordel à transporter (on enlève pas une combinaison de survie comme ça ..) ils m’aident à porter mes affaires jusqu’à l’hôtel pour voir s’il reste une chambre : sympa non !!

A l’hôtel, sans rire, le gars à l’accueil est français : sympa non !!

Et coup de bol, il ne reste plus qu’une seule chambre avec vue sur la marina : sympa non !!

Du coup je m’installe, douche chaude, connexion internet pour rapatrier les photos et vidéos … etc …

Puis dîner chez Rakel et Philippe, dans leur charmante petite maison en plein cœur de Reykjavik, pas loin de l’hôtel à pied, à 2 pas de LA rue principale de la ville : super sympa non !!

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La suite ici Le blog au port de Reykjavik

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Au fil des miles, route vers Thorshavn

Départ de Kirkwall
Kirkwall – Tórshavn

Départ à 19h00 de Kirkwall

Les quelques personnes qui étaient sur la Marina et avec qui j’avais pu discuté un peu sont là pour m’encourager. Y compris un yacht anglais de + de 15m, ultra-moderne et ultra joli, avec plein de filles à bord qui écoutent la musique fort … un peu détonnant dans l’endroit !

J’avais discuté la veille avec le boss, un trader de la city, qui avait conclu « il y a que les français qui sont assez fous pour faire ça » … et que j’avais des « big balls » en mimant (très classe) … j’en parlerai à ma douce …

Comme l’avait prévu mon routeur météo, le vent est complètement tombé ;-)) Résultat mer parfaite. Possibilité de maintenir les 21 nds sans taper ..

La nuit tombe assez vite, la houle de ¾ arrière est assez agréable avec des variations de vitesse de 18 à 24 nds en surf ..

20h30 : dîner – grâtin dauphinois

20H35 : premiers dauphins – même pas le temps de manger !

La vitesse monte à 23nds … cool

21h30 : appel radio « BellaVista – BellaVista » sur le 16. Puis passage sur le 08. Un gros bateau de pêche tire un GROS filet et veut que je me déroute un peu pour pas me prendre l’hélice dedans. Devant son fort accent russe, j’ai renoncé à lui expliquer que j’avais un tirant d’eau de 40 cm avec mon hélice … Lol

Je me déroute un peu (vous avez dû le voir sur le tracking) puis je reprends ma route après qu’il m’ait donné le feu vert.

Ce coin est plein de plateforme pétrolière ! Je les vois de loin, avec toutes leurs lumières et leurs torchères. Et en plus ça pue : J’ai l’impression de traverser une zone industrielle de chimie ;-(

Peu de temps après je suis de nouveau appelé sur le 16 « BellaVista – BellaVista ». C’est marrant d’entendre ça sur la VHF 😉

C’est un bateau Danois d’exploration pétrolière qui tracte un engin de 1 km de large ( ! ) pour détecter les nappes de pétrole. Je me déroute de nouveau un peu. Puis j’ai le feu vert pour reprendre ma route.

Fait pas chaud ! Je carbure au café chaud régulièrement …

La houle grossit un peu, mais ça passe encore. Je tiens les 20 nds, mais c’est juste. Et le pilote auto travaille sans arrêt et réagit bien en fin de surf quand je me suis fais embarquer. Ce serait impossible (physiquement) de faire la traversée sans pilote auto !

Je viens de m’apercevoir que mon feu vert ne fonctionne plus. En touchant le fil d’alimentation ça se rallume un peu. Bizarre. Je regarderai, mais je pense que ce sont les LED qui se sont dessoudées.

Arrivée dans le port de Torshavn.

Carte suivi

Je passe devant la tour de contrôle du port qui ne me voit pas …

Je trouve une place. Je l’appelle. Il me dit que je peux rester là. Et que je dois aller le voir. Sauf que c’est à 15 mn à pied. Le fait est que c’est un gros port avec beaucoup de ferry donc les « touristes » c’est pas trop son truc. Je lui demande pour l’essence. Il me confirme qu’il n’y en a pas .. C’est lui-même qui m’avait répondu par mail qu’il n’y avait pas de problème … no comment. Il me dit qu’il est très occupé là. En effet, il vient de se rouler une clope et il va la fumer dehors … no comment.

Heureusement, dans la matinée, une des personnes que j’avais appelée (on est samedi en plus) vient me voir. Et me propose une solution. Sa femme son gamin et son chien nous accompagnent jusqu’au dépôt. Là on cherche des bidons. On trouve que des bidons de 20l bien sales avec plein de trucs qui trainent au fond ;-(

Il se rabat sur un fût de 220l qui n’a contenu (que) de l’huile hydraulique. On essaye de vider ce qu’il en reste, puis on charge sur un des camions direction la station service. On remplit 200L. On nous offre le café. Normal, c’est la station qu’il ravitaille d’habitude 😉

Torshavn (1)

Retour au bateau. Sauf qu’entre temps, ils ont relevé les bornes d’accès au quai et on n’a pas le code, donc on ne peut plus passer ! Pas grave, je vire des palettes et un panneau d’interdiction un peu plus loin : ça passe .. juste !

Au bateau, même manip : heureusement j’ai gardé mon tuyau acheté à Kirkwall ! Pour gagner de la hauteur, on met le fût de 200l sur le hayon arrière, en porte-à-faux au-dessus du quai … le plus marrant c’est qu’il est responsable environnement / sécurité de sa boîte de distribution de Fuel et autres … et qu’on fait tout ce qui est interdit ! On arrive à tout transférer 😉 Il a été vraiment cool ce jour là car il ne bossait pas samedi évidemment.

Il est 15h : maintenant il faut que je trouve un hôtel. Tout est complet dans le centre près de la marina, ou un concert en extérieur se prépare. Seul solution, une auberge de jeunesse dans les collines : je prends le taxi.

Une chambre (mitoyenne des WC) sera prête à 16h. J’investis les lieux. Ca change de ma suite à Dublin ou de ma petite chambre à Kirkwall .. mais j’ai une magnifique vue sur le brouillard, les chèvres, les oies et les mouettes ;-). Je fais mon lit, je vais prendre une douche aux sanitaires communs : ah ben oui ça change vraiment de l’hôtel !

Dîner au resto de l’hôtel juste à côté. Il n’y a que cela comme solution. La vue depuis le restaurant doit être exceptionnelle – quand il n’y a pas de brouillard… Buffet à volonté à 45€ : absolument excellent, surtout les différentes sortes de saumon fumé !! Je recommande ! Je retourne dans ma chambre le ventre plein. Je dors 12h.

Retour au bateau.

Pour la troisième fois une personne vient me prévenir que je suis à l’emplacement de quelqu’un qui revient aujourd’hui .. De plus, toutes les ½ heure, et ce depuis hier – mais j’avais pas trop fait attention, un taxi ou un local passe en voiture le long du quai, s’arrête ostensiblement en face du bateau, me fixe bien avec un regard qui en dit long : en fait, je suis constamment surveillé : ils ont visiblement peur que je sois un activiste anti massacre des dauphins … J’ose pas imaginer si j’avais eu le moindre autocollant « Sea Shepherd » sur le bateau : au poste direct !

En fait, je ne voulais pas passer par Féroé pour cette raison, mais ce sont les conditions météo qui m’y ont poussées. Je voulais aller directement de Kirkwall à Reykjavik et vous en réserver la surprise afin de dénoncer ce scandale, mais ça collait pas pour la météo (c’est pour cela que j’ai remis 650 litres à Kirkwall ..)

Bref, je dénonce clairement ce qui se passe ici, sous couvert de « tradition », et qui est complètement gratuite et inutile puisqu’en plus toutes les bêtes massacrées sont ensuite jetées car immangeable … un scandale !

En accord avec mon routeur, je pars ce soir à 19h, le vent sera tombé, et j’aurai de la houle de sud / sud-est, vent et houle étant en baisse constante plus je m’approche de l’Islande => tout bon.

A + pour de nouvelles nouvelles de Reykjavik où je m’attends au même problème de ravitaillement .. ;-(

Carte suivi Départ de Kirkwall Torshavn (1) Torshavn (2) Torshavn (3) Torshavn (4) Torshavn (5) Torshavn (6)

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Au fil des miles, direction Kirkwall

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Dublin – Kirkwall

Bon, alors vous voulez savoir comment ça s’est passé ? Bien. Voilà.

Plus de détails ?? Ok

Sur la durée totale du trajet de + de 24h, les 19 premières heures ont été idéales : mer très facile, eau à 19°C, grand soleil, des paysages impressionnants – les côtes écossaises sont incroyables = des falaises qui se jettent dans la mer, alternées de prairies verdoyantes – quelques dauphins.

Eau à 18°C

Dès que le soleil disparait, la température chute. Je vais anticiper cette fois-ci : je rajoute une couche de chaud, et je m’impose de manger chaud toutes les 4h. Ca fonctionne : je n’ai quasiment pas souffert du froid, sauf quand je fais mes siestes allongé par terre sur mon matelas : j’ai le vent dans le nez, et avec la vitesse cela m’empêche presque de respirer .. à revoir.

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Eau à 17°C

Arrivé à la dernière bifurcation vers les Orcades, la mer se forme.

Eau à 16°C

A l’occasion je me retourne : gloups ! La dépression annoncée (Eau à 15°C … oui je sais ça descend vite !) est juste derrière moi, en train de me rattraper : des éclairs partout, du tonnerre, et le grain qui m’arrive dessus ! Trempé de nouveau (j’ai pas vraiment de cabine..)

Eau à 14°C

J’ai fait des vidéos assez impressionnantes.

La fin du parcours, soit les 5 dernières heures, sont vraiment dures. Je suis obligé de réduire sérieusement la vitesse … Eau à 13. Heureusement que j’avais pas mal roulé .. euh flotté en début de parcours avec de belles vitesses. Mais c’est fini tout ça : les prochaines étapes seront dures tout le temps !

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Eau à 12°C à Kirkwall !

Accueil par le manager, un papy sympa. Je dois me refaire avec l’accent écossais … ça roule les rrrr ! Les gens sont un peu intrigués par la bateau … il y a même 2 anglaises qui viennent me voir «  aahh c’est vous qui allez faire la traversée » … visiblement quelques personnes sont au courant 😉

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Je trouve un hôtel pas loin : petite chambre mais un bon lit !

J’ai fait ma sieste … maintenant je vais aller tester la cuisine locale !! Il paraît qu’il y a des bières aussi …

 

Au fil des miles vers Dublin

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Etape Brest -> Dublin

Après un peu d’attente pour faire le plein d’essence au port, entre la pompe qui tombe en panne et les clients particulièrement impolis qui stressent tout le monde, je remets 339 litres après calculs : j’ai 340 mn à faire et il me reste 95 litres …

C’est le cagnard : impossible de trouver un point d’ombre pour me reposer un peu avant de repartir … je me bricole une couchette un peu étroite dans le bateau .. à l’ombre. Y a une photo qui circule ..

C’est le départ : après avoir salué une dernière fois mes amis du Conquet : route plein Nord.

J’ai du courant de face, résultat je consomme 1,50L / mn. Pas bon. D’après mes calculs j’étais déjà un peu juste … pas bon. Je me retrouve en plein mer : grand soleil, il fait chaud .. et la mer est absolument idéale : une grande houle, mer plate, je pourrai naviguer à 30 nds … mais j’ai déjà trop consommé. Un régal : détendu, à profiter du moment

Je pense que j’ai des conditions météo assez exceptionnelles pour l’endroit. Croisement de gros cargos : tu te dis qu’en accélérant tu passes devant … euh, non !

Arrivé devant les iles Scilly je refais mes calculs pour savoir si je m’arrête pour ravitailler un peu de carburant. Je me dis que non, car finalement j’ai peu consommé malgré une vitesse moyenne très correcte.

Entrée en mer d’Irlande de nuit. Plein de bouées partout … des bateaux de pêche et même un ferry plein de couleurs : pas le moment de dormir !

Peu de temps après, le phare avant n’éclaire plus bien : je vais voir. En fait, je suis rentré dans un brouillard à couper au couteau !! Bon, ben va falloir faire confiance aux instruments ! Radar + AIS … Je réduis la vitesse, quand même.

Je croise des bateaux que je ne vois jamais. Au moins avec l’AIS on sait s’il s’agit d’un bateau de pêche de 15m ou d’un cargo de 130m ..

Ca va durer jusqu’à 1h avant l’arrivée à Dublin ! + de 6h de brouillard ! Ne me demandez pas comment est la mer d’Irlande : je sais pas j’ai RIEN vu ! Si : de gros dauphins sont venus jouer dans l’étrave au petit jour vers 6h du matin. L’eau était absolument limpide (un lac !) et avec le silence et le brouillard tout autour : féérique 😉

Vers 4h du matin, impossible de dormir : trop froid ! Le brouillard condense partout, tout est trempé, ça goutte de partout et il fait vraiment froid ! J’aurai dû mettre ma combi de survie … sauf que je ne pouvais pas la mettre à Brest par 26°C (si si) !

Bon : je ralentis et je me prépare une petite purée aligot bien chaude + café brûlant + lait concentré Nestlé (clin d’œil) : ça va mieux.

Mais la mer est si calme que je m’endors régulièrement assis … Le radar ne détecte rien … c’est vide. Juste le bruit du bateau qui glisse sur l’eau absolument plate, assourdi par le brouillard épais … et un peu de musique 😉

J’attends avec impatience le matin avec le lever du soleil car il fait vraiment trop froid. Mais pas de soleil : toujours une épaisse couche de brouillard.

Puis ça se dégage un peu vers 8h : 3 à 400 m de visibilité, et la mer toujours aussi plate => GAAAZZZZZ histoire de récupérer un peu le retard de la nuit 😉

Houle de ¾ arrière : je pars en surf à 27 / 28 nds et je consomme rien (car moins d’essence aussi). Finalement je n’aurai aucun problème d’autonomie : j’arriverai à Dublin avec une marge de 100 mn en rab 😉

A l’approche de la marina, comme d’habitude il faut slalomer entre les bouées de casier (c’est pour cela que je ne veux pas arriver dans un port que je ne connais de nuit ..). Je tape dans un boute. Je cale. Je vérifie du côté de l’hélice : rien. Ouf.

Je me gare du côté du Yacht Club. Accueil surpris et amusé.

Je range vite fait. Direction l’hôtel de l’autre côté de la rue « Royal Marine Hôtel ». Je demande un chambre simple, mais comme il n’est pas encore midi (heure locale) on me donne une suite (pour le prix d’un Etap Hôtel pourri) : le lit est plus grand que le bateau ! Lol

Première douche depuis 48h (no comment)

J’envoie les vidéos à Olivier, et je m’écroule : je dors 6h !

Réveil : bricolage au bateau (sondeur collé en panne => j’ai bien fait d’en mettre 2), visserie coffre partie, et surtout collage du Lexan afin de rendre la liaison cabine/pare-brise plus étanche / froid et humidité ! Sinon, tout va bien.

Dîner dans un resto italien/irlandais (enfin .. + irlandais qu’italien à mon goût)

Retour à l’hôtel pour un bon DODO … en attendant une étape encore plus longue de 100 mn, soit 430 mn = 20h de nav mini.

Les conditions seront bonnes sur les 2 premiers tiers .. puis ça se dégrade = vent + grains L

Et d’ailleurs, il se pourrait que je sois obligé de rester une nuit de plus à Kirkwall car la météo se dégrade au Nord… à suivre …

Voilà, vous savez tout. Je vous ferai un point conso détaillé quand j’aurai plus de temps

Au fil des miles nautiques….

Mardi 5 Juillet 2016

Le départ pour les essais grandeur réelle est prévu vers 11h30 de la cale de Parempuyre. Mais un petit problème au préfiltre essence impose de réparer. Du coup on loupe la marée => le départ est reporté à la marée suivante …

A 17h30, le bateau est prêt pour sa mise à l’eau. Le gros réservoir de 800l a été rempli la veille … un peu compliqué (j’ai vidé la cuve de la station essence à 640l …)

17h40 : il flotte 😉

Déjaugeage à pleine charge … dur dur, il me faut 15 secondes pour atteindre la vitesse de croisière de 20 nds !

La Garonne : direction l’estuaire

Après environ 2h de nav assez tranquille, petit stop de 20 mn à Port Médoc … histoire de se restaurer un peu. Sortie de l’estuaire, passage Oléron, direction plein Nord. La mer est assez hachée : difficile de tenir le vitesse de 20 nds où le bateau « plane » bien. La nuit commence à tomber : réglage des affichages en mode nuit pour ne pas être ébloui. L’éclairage de nuit du compas Plastimo est presque trop fort : heureusement il a un capot ..

Je réduis la vitesse à environ 9/10 nds. Ca tape pas mal. Mais je ne suis pas mouillé !

La fatigue se fait sentir. Je me restaure, je dors un peu (sans le matelas c’est pas très confort).

3h25 : l’écran du gps et du pilote s’éteignent. J’ai dû éteindre le gps alors que j’étais sous pilote … n’arrivant pas à le rallumer correctement (je n’ai pas dû le rallumer dans le bon ordre) je décide de me dérouter vers les Sables d’Olonne. Arrivée sur place à 4h40, je laisse le bateau devant la capitainerie et je vais dormir dans le seul hôtel qui répondait à cette heure-ci. Vu le peu d’heure que j’y ai dormi et le prix que j’ai payé, j’ai calculé, ça fait 33 cts la minute ! La minute en bateau me coûte moins cher !

Au petit matin, tout fonctionne normalement. Je quand même voir mon ami Gilles Wagner (merci pour l’accueil, le café et la visite !). Nouveau départ vers 14h pour Le Conquet.

La mer est correcte, sans plus. Je passe devant l’île d’Yeu ou la mer est jonchée de bouée de filets et casiers … il ne doit plus rester beaucoup de poissons dans le quartier !

Mon premier passage du raz de sein à 21h30 : féérique ! Programme « lavage – rinçage – essorage » tout en 1 ! Je me suis fais un peu surprendre … je comprends pourquoi on ne peut pas s’y aventurer avec un petit bateau 😉

22h30, le 06 Juillet : arrivée au Conquet, accueilli par Olivier et Ghislaine. 320 nm parcourus. Très bonnes crevettes épicées comme il faut (n’est-ce pas Guillaume …)

Jeudi 07 Juillet 

Départ à 9h00 du Conquet. Météo favorable !

Re-passage du raz de sein : je me fais moins surprendre, mais toujours aussi impressionnant : de loin on a l’impression qu’il il y un mascaret ou un tsunami !

La mer est vraiment bonne : je peux pousser un peu le moteur 😉

Je rencontre mes 4 premiers dauphins : René, Gilbert, Josette et Martine. Des vieux dauphins sans doute. Je saute sur mon appareil photo : la batterie est restée en charge au fond du coffre … Lol. En tout cas ils aiment bien Lenny Kravitz !

La mer est belle. Je peux maintenir une bonne vitesse. Mais rester 10h assis … j’ai quand même mal au c…

Finalement avoir 2 sièges ça a des avantages : on peut changer de position et faire travailler le fessier droit puis gauche en alternance pour soulager. Et puis s’assoir/s’allonger sur le bain de soleil etc ..

Je décide de faire une petite pause au Port de la Meule. Des dizaines de personnes s’y baignent ! Je décide de m’arrêter et d’enlever plusieurs couches car j’ai trop chaud ! Cela faisait même pas 2 mn que j’étais là qu’une mégère m’interpelle « ce sont des corps-morts privés vous n’avez pas le droit de vous arrêter là » me dit-elle avec le voix de Gilles Verdez. « Bonjour madame, oui je vais bien je vous remercie et vous ? » … silence

Je lui explique que je reste là 5 mn et que je repars. Sa réponse « j’espère bien ». Pas merci. Pas au revoir. Rien. Sympas l’accueil !

5 minutes plus tard (soit 7 minutes au total, pour ceux qui suivent pas) je repars. La mer est toujours aussi belle.

Je rencontre un autre groupe de (jeunes) dauphins : Kevin, Chloé, Léo et Arthur. Mais pas le temps de sortir l’appareil, ils disparaissent aussi vite : ils n’aiment pas Eminem … bizarre.

Arrivée en douceur à La Rochelle avec les derniers Figaro. 213 nm en 8h : 26 nds de moyenne. Il me reste 430 litres pour rentrer à Parempuyre dimanche matin.

On attend l’ouverture du pont levant pour accéder au bassin des chalutiers ou se trouve toute la flotte. Un ponton rien que pour moi m’attend 😉 au pied du stand Suzuki.